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Première  - Le commentaire d'un document en histoire

 

Méthodologie - rappels

Exemples

- Documents chiffrés - Les manifestations de la crise des années 30 aux Etats-Unis (tableau statistique)
- Dessin satirique - Bellicistes et¨Pacifistes - dessin de Grandjouan - Assiette au Beurre - 1912 (projection diapositive)
- Tableau de données - Evolution des secteurs d'emploi dans quelques pays industrialisés (1880-1930) en % (document du manuel Bréal p. 38)
- Texte historique - Enquête de la SDN sur le Mandchoukouo (rapport Lytton) - 1932
- L'évolution de la population immigrée en France (1911 à 1990)


wpe16.jpg (854 octets) Méthodologie - Quelques conseils et rappels

>> Nature du document : textes (écrits ou oraux) ; affiches (propagande) ou publicités ; documents chiffrés (sous forme numérique ou graphique) ; dessins satiriques, caricatures ; cartes historiques
>> Questionnement :
- Des questions (de 3 à 5 en général) accompagnent le document ; il convient d'y répondre directement et explicitement.
- La ou les premières questions portent sur la nature et la source  du document,   sur son contexte.
- Les questions suivantes portent sur l'analyse et le commentaires du document, sa compréhension, sa portée.
>> Conseils d'organisation, réalisation :
- Préparer au brouillon une répartition des connaissances, des idées nécessaires pour traiter les questions de manière à vérifier leur pertinence et éviter les redondances.
- Pour ce qui concerne le contexte : bien évaluer la pertinence des informations proposées en fonction du document
>> Restitution et principaux critères d'évaluation :
- Officiellement une page ... de fait on peut s'aligner sur environ 300 à 500 mots. Ce qui suppose une écriture efficace et concise. Au-delà de trois pages, c'est trop long et il faut alors s'efforcer de chasser les redondances, les délayages ou longueurs inutiles.

- Principaux critères de l'évaluation : qualité (précision, concision, efficacité) de l'écriture ; pertinence de l'analyse ; capacités à éviter la simple paraphrase, à mettre  en perspective historique le document, à faire preuve de "distance critique".

Un lieu commun : "Je n'ai pas besoin de connaissances historiques pour bien réussir ce type de devoir" ..... Tout à fait faux ! Les connaissances sont indispensables pour préciser le contexte de manière efficace, évoquer qui est l'auteur du document, de quel "point de vue" il se place. Elles permettent d'éviter des erreurs d'interprétation, des contresens dans l'analyse du document.

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wpe16.jpg (854 octets) Documents chiffrés (type tableau statistique) Les manifestations de la crise des années 30 aux États-Unis 

 

1929

1930

1931

1932

Cours des actions de General Motors (1928 = 30 $)

Été : 90

Novembre : 36

45

-

11

Nombre de faillites d’entreprises industrielles et commerciales

22.909

36355

28285

31822

Chômeurs (millions)

Masse salariale (base 100 en 1929

1,5

100

4,2

81

7,9

61

11,9

41

Revenu national (milliards de $)

87,4

75

59

41,7

Prix agricoles (indice 100 en 1926)

104,9

88,3

64,8

48,2

Production industrielle (indice 100 en 1928)

96

-

78

54

wpe17.jpg (854 octets) Questions :
1 – Présenter le document en expliquant l’intérêt des critères retenus pour analyser la crise.
2 – Expliquer les relations entre ces différentes manifestations de la crise en décrivant son déroulement.
3 – Concluez sur la crise aux États-Unis en expliquant, à l’aide de vos connaissances, les causes de sa gravité.

wpe17.jpg (854 octets) Remarques générales sur les difficultés rencontrées
- La présentation des documents s'est parfois limitée à une simple paraphrase du tableau ou à du délayage : il faut davantage mobiliser ses connaissances pour porter un regard pertinent sur le document proposé.
- Des démarches peu pertinentes causées par la tentation de suivre les indicateurs du tableau dans l'ordre strict où ils sont présentés ou de décrire la situation année par année.
- Dans certaines copies le document est plus ou moins oublié, escamoté. Le travail fait auparavant en cours sur l'exploitation des données chiffrées a été trop peu réinvesti.
- Les anachronismes et contre-sens : par exemple, l'attribution des évolutions constatées de 1929 à 1932 au New Deal, à la politique de Roosevelt.
- Les problèmes et difficultés liés à la maîtrise des connaissances et du vocabulaire nécessaires pour comprendre, interpréter, exploiter les documents.

wpe17.jpg (854 octets) Corrigé d'après copies
1 - Le document est un tableau de données chiffrées, parfois en valeurs indiciaires ce qui permet de comparer plus rapidement des situations. Ces données nous montrent l'évolution de la situation aux États-Unis de 1929 à 1932, avant l'accession à la présidence de F.D. Roosevelt et   nous fournissent ainsi un aperçu des aspects économiques et sociaux de la crise des années 30 aux États-Unis.
    Les aspects économiques de la crise sont évoqués à travers le cours des actions de General Motors, société de construction automobile  symbolique du développement industriel des États-Unis dans les années 30. Mais aussi à travers l'évolution de la production industrielle, de celle des faillites d'entreprises par exemple. Les conséquences plus spécifiquement sociales de la crise peuvent être abordées par l'évolution du nombre de chômeurs, de la masse salariale.
    Ces données révèlent l'ampleur de la crise et permettent d'en reconstituer les enchaînements.
2 - Nous pouvons en effet constater que "la crise nourrit la crise".
    Tout d'abord, le cours des actions des sociétés cotées en bourse s'est emballé : celui de G.M. avait triplé entre 1928 et l'été 1929. Nous sommes alors en pleine euphorie d'une croissance fondée sur le développement industriel, sur celui de la consommation de masse.
    Cet emballement spéculatif a pris fin brutalement lors du krach d'octobre 1929. Les banques, qui avaient beaucoup investi sont en difficulté et cessent de prêter des capitaux aux entreprises industrielles et commerciales. Fragilisées, celles-ci font faillite : plusieurs dizaines de milliers par an pendant la période avec un maximum en 1930. Ainsi de nombreux travailleurs sont licenciés et se retrouvent au chômage : le nombre de chômeurs a presque décuplé pendant la période et la masse salariale diminue de plus de la moitié. Le niveau de vie en est très affecté, les consommateurs se dérobent ce qui accroît la difficulté des entreprises : la crise nourrit ainsi la crise, la production industrielle s'effondre. Cette sous-consommation provoque la baisse des prix des marchandises, la déflation (l'offre étant très supérieure à la demande) ainsi que le montrent les prix des denrées agricoles qui perdent plus de la moitié de leur valeur pendant la période.
    Cette crise est, par son ampleur, différente des crises que le monde capitaliste avait pu connaître auparavant. Pourquoi ?
3 - Depuis la Première guerre mondiale, l'économie des États-Unis a pris son essor pour conquérir une place de tout premier ordre. Par ailleurs, les échanges de marchandises et de capitaux entre les pays se sont fortement développés depuis la fin du XIXe siècle. Avec la crise les États Unis ralentirent beaucoup leurs exportations et importations (par exemple le café du Brésil), ils rapatrièrent les capitaux qu'ils avaient investis ailleurs dans le monde. C'est ainsi que la crise s'est mondialisée et que ses effets ont été amplifiés.
    Lorsque F.D. Roosevelt accède à la Présidence (début 1933), il adopte une politique économique destinée à relancer la consommation : le New Deal. Son efficacité sera limitée, la reprise économique restera   timide jusqu'à la seconde guerre mondiale.
                                                                        Novembre 1998

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wpe16.jpg (854 octets) Evolution des secteurs d'emploi dans quelques pays industrialisés (1880-1930) en % (document du manuel - Bréal p. 38)

Questions :
1) Présentez le document et précisez la nature des données proposées. 2) Quelles sont les principales évolutions constatées dans chaque secteur d'activité ? Expliquez-les, commentez-les à l'aide de vos connaissances. 3) Quelles seraient les autres informations utiles à une étude plus approfondie des évolutions socio-économiques de cette période ?

Principales difficultés observées :
- Les problèmes d'expression et, tout particulièrement, les maladresses, inexactitudes, concernant l'exploitation des données : il s'agissait de parts, proportions. Or, la diminution de la part des effectifs n'induit pas nécessairement la diminution des effectifs eux-mêmes.
- Difficultés et maladresses également pour exprimer les relations de causalité. Une maladresse assez fréquente concerne l'évocation des effets de la crise de 1929 sur les données de 1930 : sur la question de la répartition, par secteurs, de l'emploi il ne peuvent être très sensibles ... question de bon sens (il s'agit de parts !).
- Confusions et maladresses dans la maîtrise des notions, du vocabulaire : cf. ci-dessous les propositions de  remédiation.

- Tendances à la simple paraphrase du document. 

Eléments de corrigé, principales attentes :
- Le manuel donne des éléments de corrigé.
- Quelques principales attentes

  >> Question 1 - Le tableau porte sur une évolution (1880 à 1930) mais permet aussi une étude comparée (entre les 4 Etats présentés) ; rappel de ce que sont les trois secteurs d'activité (définitions) ; bien noter qu'il s'agit de pourcentages et non des effectifs totaux, d'où des données en parts, proportions.
   >> Question 2 -  Deux approches : les évolutions sectorielles et les comparaisons de rythmes entre les pays.
    Les évolutions sectorielles : L'évocation des effets de la révolution industrielle. Croissance de la part du secteur secondaire (prolétarisation). Diminution de celle du secteur primaire : débuts de mécanisation mais aussi effets de la concurrence internationale, de l'élargissement des marchés, de l'attractivité des villes et des industries. Noter la stabilisation voire la régression de la part du secteur secondaire de 1910 à 1930 : effet des conséquences de la première guerre mais surtout des gains de productivité et des débuts de la tertiarisation des économies.
    Les différences de rythmes, les déphasages : noter la situation de la France comparée à celle de la Grande Bretagne par exemple. Traduction du poids encore considérable de son agriculture, du secteur primaire, d'un certain retard dans son industrialisation, la modernisation de son économie.
    >> Question 3 : avant tout, question de culture et réflexion. Pour mieux juger de l'emploi : les effectifs totaux de chaque secteur. Pour compléter l'information dans le domaine socio-économique : le travail des femmes, des enfants. Les gains de productivité, leurs effets sur les temps de travail. Et pas seulement l'évocation faite de manière systèmatique et obsessionnelle : les taux de chômage ! Il faut résister à l'envie de transposer la situation contemporaine et sa perception à l'analyse d'informations historiquement datées !..

Propositions de remédiation :
- Se familiariser avec l'emploi de mots et notions, préciser leur compréhension : parts, proportions, répartition, taux,  effectifs, secteurs d'activité, secteurs primaire, secondaire, tertiaire, industrialisation, tertiarisation, production ou extraction ou exploitation minière, services, croissance urbaine, rythme, évolution, croissance, essor, décroissance, diminution, effondrement, accélération, ralentissement, stagnation, stabilisation, exode rural, productivité, mécanisation, prolétaires(tariat), investissements, organisation du travail, taylorisme, fordisme, socio-économique,  attractivité, internationalisation

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wpe16.jpg (854 octets) L'évolution de la population immigrée en France (1911 à 1990)
Source : Cédérom Alter-Eco

wpe17.jpg (854 octets) Questions :
1 - Présentez le document : nature et intérêts des informations - 2 - Décrire l'évolution de la population française sur la période et proposer des éléments explicatifs - 3 - Décrire l'évolution de la population immigrée sur la même période. Expliquez et commentez - 4 - Concluez sur la place de l'immigration dans la démographie française au cours du XXe siècle.

wpe17.jpg (854 octets) Principaux types de difficultés observées et principaux critères de l'évaluation

- Sous-exploitation des données issues du document, trop peu d'évocation des données concrètes au-delà de trop vagues considérations du type : "c'est croissant, c'est décroissant"
- Sous-exploitation des apprentissages méthodologiques du cours : classification des idées par typologie (les facteurs)
- Sous-exploitation des contenus du cours :  la dimension "expliquez, commentez" des questions est trop négligée ; des commentaires qui privilégient trop la période 1946-1990 aux dépens de la période approfondie en histoire (1911-1946) et font la part trop belle à des considérations plus ou moins banales voire même imaginaires.

>> Les critères de l'évaluation : qualité de l'expression écrité et capacités de concision ; maîtrise du cours et capacités de réinvestissement de ses contenus ; pertinence de l'analyse du document ; rigueur de la construction et respect du questionnement.

wpe17.jpg (854 octets) Corrigé d'après copies - Extraits

>> Question 1 - "Le document rassemble deux graphiques superposés représentant l'évolution de la population immigrée en France dans la période 1911-1990. Le premier graphique indique, d'une part le nombre d'immigrés en millions et d'autre part la population de la France en millions également. Il nous livre donc une indication quantitative qui lui permet également de se situer dans l'histoire : en un siècle les effectifs évoluent. Le second graphique indique la part d'immigrés dans la population française sur la même période. Il s'agit donc d'une proportion exprimée en pourcentages qui permet d'établir un rapport mathématique entre la population immigrée et la population totale. Les données proviennent de l'INSEE, l'organisme officiel de la statistique en France. " Kaéna H.

>> Question 3 -
a) "A partir de 1911 et jusqu'en 1936, on assiste à une certaine augmentation du nombre d'immigrés en France. Ce sont en général des réfugiés politiques, des arméniens victimes des pogroms turcs, des populations juives persécutées en Russie et en Pologne tout d'abord puis en Allemagne ensuite après l'arrivée des nazis (1933), ce sont également des italiens qui fuient le régime fasciste de Mussolini (1922), ce sont enfin les populations espagnoles civiles tout d'abord puis les combattants républicains qui fuient le franquisme." Anthony M.
b) "En 1910 il y avait en France seulement 1,110 million d'immigrés ce qui représentait 2,8% de la population française. En 1990, ce nombre a augmenté pour atteindre 4 millions environ, soit 7,4% de la population française. Cette hausse n'a pas été constante. Jusqu'en 1931, la part des immigrés dans la population française augmentait : les étrangers étaient alors les bienvenus car on avait besoin de main d'oeuvre, notamment dans les secteurs comme les mines, l'agriculture, la reconstruction des infrastructures (BTP) après la guerre. Puis de 1931 à 1946, leur part a chuté pour n'être plus que de 5% en 1946 (effets de la crise économique mondiale et de la guerre). Mais dès 1946, comme en 1921, la main d'oeuvre étrangère est vivement recherchée et leur présence progresse jusqu'en 1975, au terme des "trente glorieuses". Depuis, leur part dans la population se stabilise aux alentours de 7,4% mais le nombre d'immigrés continue à croître car la population totale augmente."
Virginie F.

>> Question 4 - "La France apparaît donc comme une terre d'accueil. L'immigration a, de ce fait, une place prépondérante dans son évolution démographique. Ces immigrants ont compensé l'essoufflement démographique du pays (transition démographique achevée précocement). La France, terre de refuge et d'attractivité a intégré ces immigrants dans sa démographie. La population actuelle de la France résulte donc en partie de cette immigration qui a aidé par son nombre et sa force à reconstruire le pays. D'ailleurs, aujourd'hui, un français sur quatre a des ascendances étrangères directes (parents ou grands-parents). Kaéna H.

wpe17.jpg (854 octets) Remédiations et compléments sur le sujet

>> Compléments sur le document : noter que les dates des données correspondent aux RGP (sauf pour le celui de 99 pas encore pris en compte dans ce document) ; les deux intervelles de 10 ans correspondent aux deux guerres mondiales qui ont empêché le déroulement "normal" des recensements.
>> Précision sur la nature du graphique : il n'est pas très juste de parler de "courbes" mais plutôt de "points" (séries discontinues dans le temps) reliés par des segments sans signification réelle (les valeurs suggérées par les segments sont hypothétiques)
>> Clarifier la signification des termes : immigrés, étrangers. Voici quelques éclairages proposés par une association "Pénombre" qui s'efforce de lutter contre la "mal-information" statistique et dont le site, en
ligne, est consultable à :
www.unil.ch/penombre

" On retiendra la définition suivante proposée par l'INED et adoptée par le Haut Conseil à l'intégration: est immigré celui qui est né étranger, à l'étranger et qui réside en France. C'est un état qui ne varie pas au cours de la vie puisqu'il fait référence au lieu de naissance. Cette notion ne renseigne pas sur la nationalité de la personne considérée. Réponses à quelques questions :
a Peut-on être étranger et immigré ? OUI. C'est la cas de tous les immigrés qui n'ont pas souhaité acquérir la nationalité française. (2,84 millions de personnes en 1990)
b Est-on toujours immigré quand on est étranger ? NON. On peut être étranger sans être immigré; c'est le cas de la plupart des enfants nés en France de deux parents étrangers qui, à leur naissance ont la nationalité de leurs parents; nés en France, ils n'ont pas immigré. (0,74 million en 1990)
c Est-on toujours étranger quand on est immigré ? NON. Selon des règles fixées par le code de la nationalité, les immigrés peuvent demander l'acquisition de la nationalité française; ils deviendront alors Français mais seront des immigrés. (1,3 million en 1990)
d Peut-on être immigré et Français ? OUI. Voir (c)
e Peut-on être étranger sans être immigré ? OUI. Voir (b)
f Peut-on être immigré sans être étranger ? OUI. Voir (c)
g Peut-on être immigré et né en France ? NON. La définition même de l'immigré impose qu'il soit né hors de France.
h L'expression "Immigré de la deuxième génération" a-t-elle un sens ? NON. Cette expression est fréquemment utilisée dans le langage courant pour désigner les enfants des immigrés nés en France. Nés en France, ils ne sont pas immigrés. On peut parler de la première génération née en France de parent(s) immigré(s) ou plus simplement des enfants nés en France de parent(s) immigré(s).
Le langage courant se satisfait de concepts généraux pour parler d'un phénomène et de ces conséquences. Ainsi, on regroupe l'étranger, l'immigré, leurs enfants sous le même vocable ou des vocables construits sans souci de précision pour englober dans une masse tous ceux qui pourraient être classés comme "venus d'ailleurs". Les difficultés se font jour quand on cherche à quantifier. Combien sont-ils? mais de qui parle-t-on? Le statisticien et le chercheur ont besoin de définir avec précision les catégories; en cela ils nous font sortir de la pénombre et nous aident à préciser et à comprendre de quoi, de qui nous parlons et de quoi, de qui nous voulons parle

>> Remédier aux problèmes d'expression tels que :
- " D'après cette courbe il existe une légère évolution du nombre d'immigrés"
- "un mouvement migratoire s'est avancé vers la France"
- "une évolution d'immigration qui s'accroit de plus en plus"
- "La France a vu sa part d'immigrés augmenter jusque .. "
- "L'évolution de la population française sur la période 1911-1990 a augmenté"
- "La population française connait des phases de transition démographique dans son évolution"

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wpe16.jpg (854 octets) La caricature, le dessin satirique.
Bellicistes et Pacifistes - Dessin de Grandjouan dans l'Assiette au Beurre - 1912. Projection diapositive.

wpe17.jpg (854 octets) Questions :
1) Que savez-vous de la source du dessin : type de publication, auteur ?
2) A quelle situation générale, quel contexte historique peut-il faire allusion ?
3) Quel est le point de vue du dessinateur sur ces questions ?
4) Les événements des années qui suivirent furent-ils favorables à ce point de vue ? Expliquer, développer.


wpe17.jpg (854 octets) Rappel des conditions de préparation : le travail sur le dossier "Courrières" (maîtrise vocabulaire, situation politique de la période) ; l'étude d'une série de diapositives de dessins de l'Assiette au Beurre ; préparation à partir de l'exemple du manuel (p. 176 : caricature de Clemenceau par Paul Poncet - 1909) ; les contenus du cours (relations internationales en particulier).

wpe17.jpg (854 octets) Corrigé d'après copies d'élèves :
1) Ce dessin de Grandjouan a été publié en 1912 dans l'"Assiette au Beurre". C'est une revue du début du XXème siècle qui traitait, par le dessin, la caricature, d'un thème choisi par numéro. L'A au B était une revue très influencée par la pensée révolutionnaire (socialiste internationaliste ou anarchiste). Ses principales cibles étaient les forces de l'ordre, l'armée, le clergé et, bien sûr, Clemenceau.
2) Le dessin se réfère sans doute à la mutinerie qui eut lieu en 1907 lorsque la troupe a refusé de tirer sur les viticulteurs du midi de la France ainsi qu'à la politique répressive de Clemenceau d'abord ministre de l'intérieur et dont la revue fustige fréquemment les méthodes "va-t-en guerre".

    Par ailleurs, en 1912 les tensions se sont accumulées entre les grands pays européens : à propos des questions coloniales, de la situation dans les Balkans par exemple. Entre Français et Allemand, la rancœur est tenace depuis 1870 : la voix des "revanchards" se fait de plus en plus entendre. On assiste à une "course aux armements" et la France va adopter en 1913 la loi des 3 ans de service militaire.
Les alliances se précisent : Triplice d'un côté, Triple entente de l'autre.
3) Le propos de Grandjouan est clairement pacifiste : les soldats des deux armées française (le soldat français dont le pantalon est encore rouge) et allemande (les casques à pointe) refusent d'obéir aux ordres d'assaut que leur donnent le pouvoir politique (ici,  identifiables, Clemenceau et Guillaume II). Ils se révoltent et se retournent contre celui-ci,  privilégiant ainsi la révolution que les collaborateurs de la revue appellent de leurs vœux. Les idées de Grandjouan sont certainement influencées par celles de la IIème Internationale et de sa section française, SFIO.

4) Deux ans plus tard la guerre éclatait à la suite de l'attentat de Sarajevo. En France, l'assassinat de Jean Jaurès ruine les derniers espoirs des pacifistes internationalistes et les hommes partent en guerre la "fleur au fusil". L'Etat-Major qui craignait 13% de réfractaires n'en dénombre qu'à peine 2% ! Politiquement, c'est l'Union Sacrée qui ne sera rompue qu'en 1917 alors que se mutinent certains poilus qui ne supportent plus la poursuite de la guerre.

wpe17.jpg (854 octets) Difficultés, problèmes rencontrés :
- Compréhensions trop restrictive et minimaliste des questions dans certains travaux qui ne sont guère allés au delà d'une description plus ou moins expéditive du dessin.
- Difficultés de commentaire, d'interprétation dues :
    - à des anachronismes fréquents : le dessin censé évoquer les débuts de la guerre (en 1912 ?), évocation du fascisme en Italie et Allemagne (?), du Parti Communiste, des Ligues (dont les Croix de Feu !)
    - à des contresens sur l'interprétation du dessin lui-même
et souvent dus à la mauvaise identification du "point de vue" de son auteur (cf. ci-dessous)
   - à des considérations hors-sujet : fallait-il parler d'A. Thiers, fallait-il faire un récit détaillé de la "Grande guerre" ?
- Des tendances à considérer que le dessin représente une réalité : ici, met-il en évidence "le refus des armées ennemies à faire la guerre" ? Il faut bien réfléchir au statut de ce type de document. Le dessin satirique peut s'inspirer de fait historiques réels, vouloir les représenter ou les utiliser mais en règle générale il les transforme, les détourne, les caricature ... en fonction du message projeté. Ce n'est donc pas le réel.

- Le non-respect du questionnement. Il est là pour vous guider et, en règle générale, ceux qui ne le respectent pas sont en difficulté et semblent parfois cacher ainsi des problèmes de compréhension des questions ainsi qu'un manque de contenus explicatifs.

wpe17.jpg (854 octets) Remédiation :
Conseils méthodologiques : Avant de rédiger, respecter deux étapes préalables. Tout d'abord, identification des thèmes essentiels auxquels renvoie le document. Ici : la question du pacifisme dans le contexte international de l'époque. Puis, faire l'inventaire des connaissances, notions qui permettront d'étayer vos réponses, compte tenu des thèmes préalablement identifiés.
Entraînement : faire l'inventaire des connaissances, idées, notions   nécessaires pour traiter les questions puis les répartir en les classant dans un tableau sur le modèle ci-dessous :

Question 1 Revue, caricature, satire, Clemenceau, point de vue, socialiste, internationaliste, ...
Question 2 Revanchard, alliances, armements, rivalités, ...
Question 3 Pacifisme, internationalisme, révolution sociale, ..
Question 4 Engrenage de l'entrée en guerre, Union Sacrée, assassinat de Jaurès, ...


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wpe16.jpg (854 octets) Enquête de la SDN sur le Mandchoukouo - 1932

"Les lettres que nous recevions émanaient de fermiers, de petits commerçants, d'ouvriers des villes et d'étudiants. (…) Ces 1550 lettres, sauf deux, étaient toutes profondément hostiles au nouveau "Gouvernement du Mandchoukouo" et aux Japonais. Elles donnaient l'impression d'exprimer avec spontanéité des opinions sincères. Les hauts fonctionnaires chinois du "Gouvernement du Mandchoukouo" ont accepté des charges pour diverses raisons. Un grand nombre d'entre eux occupaient des postes dans l'ancien régime et c'est par des avantages ou par diverses formes d'intimidation qu'on les a induits à les conserver.
   L'"Armée du Mandchoukouo" est composée, elle aussi, principalement d'anciens soldats Mandchous dont les unités ont été réorganisées sous le contrôle japonais. Au début, ces troupes consentaient à servir sous le nouveau régime, à condition qu'on leur demandât seulement de maintenir l'ordre à l'intérieur du territoire.
   Les négociants et banquiers chinois avec lesquels nous nous sommes entretenus étaient hostiles au "Mandchoukouo". Ils n'aimaient pas les Japonais. Ils avaient peur pour leur vie et leurs biens et déclaraient souvent : "Nous ne voulons pas devenir des Coréens". Les classes libérales sont hostiles au "Mandchoukouo".
   Les étrangers et les Chinois instruits semblaient hostiles au "Mandchoukouo". Les données dont nous disposons sur l'attitude des fermiers et des ouvriers des villes sont divergentes. Les fermiers ont de bonnes raisons de croire que le nouveau régime entraînera une augmentation de l'immigration des Coréens et peut-être des Japonais. (…)
   Si nous avons constaté que la majorité chinoise était hostile ou indifférente au "Mandchoukouo", le nouveau gouvernement a reçu un certain appui des divers groupes minoritaires, comme les Mongols, les Mandchous, les Coréens et les Russes."

Rapport de la commission Lytton - Genève - 1932

wpe17.jpg (854 octets) Questions

1 - Présentez la SDN. Quels pouvaient être les objectifs de cette enquête ?
2 - Quels étaient les principaux caractères de la politique extérieure du Japon depuis le début du siècle ? Quelle était la situation générale en Chine et au Japon au début des années 30 ?
3 - Caractériser la situation politique dans laquelle se trouvait le territoire du "Mandchoukouo"
4 - Que furent les réactions de ses populations ? Comment s'expliquaient-elles ?
5 - Que purent être les effets, les conséquences de ce rapport ?

Ces questions doivent être traitées en deux pages maximum. Une attention particulière sera accordée à la qualité de l'expression.


wpe17.jpg (854 octets) Corrigé d'après copies d'élèves - extraits

2 -
a >> "Depuis le début du XXe siècle, le Japon ne cache plus ses ambitions expansionnistes. En effet, dès 1905, il se lance dans une guerre contre l'URSS et met à mal l'armée rouge qui sera vaincue. L' " empire du soleil levant" continue ses guerres coloniales et conquiert la Corée. Le régime impérialiste japonais fait partie, dès les années 30, des plus importantes puissances mondiales. (...) Son armée est puissante et très organisée et son développement technologique est important. Son désir de conquête le poussera à annexer une province du Nord-Est de la Chine : la Mandchourie". Thibaud G.
b >> "(...) Sous l'impulsion du Komintern, le communisme se développe en Chine au début des années 30 (à la suite du massacre de Changhaï en 1927, les communistes se replieront sur des bases rurales à l'intérieur du pays). En effet ce pays est pauvre et n'a pas profité de la révolution industrielle du début du siècle. Il est largement soumis aux influences coloniales extérieures. Il représente donc une cible facile.
Pour le Japon on assiste à la situation inverse, c'est un pays en pleine expansion, aussi bien économique que démographique et, depuis les débuts de l'ère Meiji, il développe des ambitions expansionnistes" Antoine C.

3 -
a >> "Après sa conquête le territoire du Mandchoukouo est resté en semi-indépendance. En effet les japonais ont placé au gouvernement des hauts fonctionnaires chinois qui occupaient des postes dans l'ancien régime mais qui, menacés par diverses formes d'intimidation, devaient diriger le pays comme les japonais le désiraient et l'entendaient. Ils avaient en définitive peu de pouvoir, ils ne faisaient qu'exécuter les ordres japonais et exerçaient un contrôle sur leur population." Mathieu C.
b >> "La Mandchourie, territoire chinois baptisé "Mandchoukouo" est à ce moment là sous le contrôle du Japon. En effet, celui-ci a la main mise sur l'économie et l'armée du pays. Le territoire du "Mandchoukouo" se trouve alors dans une situation d'occupation et d'impuissance qui entraîne le désespoir de la population." Jérôme L.
c >> Au début des années 30 le territoire du "Mandchoukouo" (province de Mandchourie) est sous tutelle japonaise. Le Japon pratique ce que l'on nomme une administration indirecte, c'est à dire qu'il laisse certains postes de l'administration exécutive à une élite locale qui tenait déjà un rôle important sous l'ancien régime. Il évite ainsi des soulèvements populaires que pourrait provoquer une trop forte domination." José L.
d >> "En tant que colonie japonaise (protectorat), le Mandchoukouo ne dispose pas de libertés économiques, politiques et militaires. En effet, la politique est contrôlée par le Japon. Les hauts fonctionnaires chinois n'ont été maintenus dans leurs fonctions que pour faciliter les relations entre le gouvernement et la population du Mandchoukouo. Ces fonctionnaires ne disposent pas de réelle influence. D'autre part, l'armée, bien qu'elle soit composée d'anciens soldats mandchous, est totalement contrôlée par les Japonais. Enfin, la politique extérieure du Mandchoukouo est totalement japonaise." Solenne L. 

4 -
a >> "La population du Mandchoukouo, comme le décrit le rapport Lytton, est hostile au protectorat japonais. En effet, les fermiers, les ouvriers ont peur de subir le même sort que la Corée, conquise et soumise à la puissance nippone. Ces classes préféraient l'ancien gouvernement chinois. Le Japon ayant un  petit territoire, son désir d'extansion est d'autant plus fort et les Chinois du Mandchoukouo craignent une recrudescence de l'immigration japonaise. Avec l'arrivée massive des Japonais, toutes les populations mandchoues et chinoises de la région seront exploitées et soumises. Malgré cela, le Japon reçoit un certain appui de nationalités présentes en Mandchourie, telles que les Mongols, les Russes, les  Mandchous eux-mêmes qui, auparavant sous domination chinoise, sont donc favorables à l'arrivée des japonais qui pourraient leur rendre quelques libertés." Thibaud G.
b >> "Les réactions de ces populations sont diverses. En effet on peut distinguer deux groupes : ceux qui sont hostiles au gouvernement du Mandchoukouo et ceux qui l'acceptent.
Les classes inférieures (fermiers, petits commerçants, ouvriers) sont très hostiles au nouveau gouvernemnet car ils ont peur de perdre leurs terres et leur travail (immigration, colonisation). De plus, le monde des affaires, les banquiers, les négociants,   s'opposent aussi au nouveau gouvernement car ils ne veulent pas perdre leurs biens, leurs fortunes, leurs rangs. De même que les classes libérales.
A l'inverse les hauts fonctionnaires s'associent au gouvernement de peur de perdre leurs fonctions, leurs avantages. Les militaires ont accepté de coopérer (collaborer) avec les japonais mais sous conditions. Certaines populations comme les Mandchous, les Mongols, les Coréens, les Russes s'associent au nouveau pouvoir car ils y voient la possibilité de se développer." Camille N.

5 -
a >> Les objectifs poursuivis par la SDN sont multiples. Tout d'abord il s'agit d'alerter l'opinion publique internationale pour la faire réagir. Ensuite, elle cherche à provoquer des sanctions à l'égard du Japon, ces sanctions ne pouvant être qu'économiques car la SDN est un système de sécurité collective ne disposant pas de forces armées. Ces problèmes ne seront pas réglés car, à cette époque, les diplomaties européennes et américaine sont plus occupées à régler leurs problèmes économiques nés de la crise mondiale de 1929. Et les démocraties européennes ont une attitude attentiste et pacifiste qui les amènera à ne pas réagir face aux agressions que subiront d'autres pays : l'Ethiopie en 1935, le reste de la Chine en 1937, la Tchécoslovaquie en 1938 ... ce qui précipitera le monde dans la guerre". Antoine C.
b >> Les objectifs poursuivis par la SDN à partir de cette enquête visent à surveiller le nouveau régime instauré dans le territoire du "Mandchoukouo", voire à intervenir afin d'aider la population. On sait cependant que ces objectifs auront peu de chance d'être atteints, la SDN ne disposant pas de forces armées. De plus, l'action de la SDN est fortement réduite par l'idéologie pacifiste ou isolationniste qui s'est développée dans les pays vainqueurs de la Première guerre mondiale. Ainsi les Etats membres de la SDN n'interviendront pas dans le cas de la Mandchourie (comme dans beaucoup d'autres par la suite) de crainte d'avoir à faire une nouvelle guerre". Jérôme L.

wpe17.jpg (854 octets) Difficultés observées :

- Manque de connaissances initiales interdisant une compréhension suffisante du document. D'où des contre-sens ou des non-sens.
- Difficultés d'expression, maîtrise insuffisante des notions relatives aux questions de relations internationales, de colonisation, ... 


wpe17.jpg (854 octets) Remédiation et prolongements :

- A partir des extraits de devoirs proposés, imaginer la copie idéale.
- Epilogue : en 1933 la SDN adopte le rapport Lytton et considère que l'action du Japon en Mandchourie est illégale. Le Japon quitte la SDN. En 1936 le Japon signera le pacte anti-komintern avec l'Allemagne.
- Eléments de réflexion dans la perspective du programme de Terminale : situation d'un pays occupé ; attitudes et positions de ses populations (de la résistance à la collaboration) ; rôle possible des organismes de sécurité collective.


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Dernière mise à jour : 09 octobre 2000

Page conçue et réalisée par S. Tabarly - Le Guevel, professeur d'Histoire-Géographie à Rennes http://perso.wanadoo.fr/stabarly/   -  mail : prof.hg@caramail.com