wpeC.gif (1062 octets)


Étude de documents - Les États-Unis et le reste du continent américain : quelles dépendances ? 

Document 1 - Carte du continent américain faisant apparaître : les systèmes d'alliances militaires et économiques, les volumes d'IDE d'origine américaine et les parts de commerce avec les États-Unis. 
Document  2 - Texte sur les investissements des multinationales US dans l'agriculture mexicaine (Bret, Sedes 1996)
Document 3 - Cartographie de la région transfrontalière américano-mexicaine accompagnée d'un texte "la nouvelle frontière du capitalisme" (Courrier international)
Document 4 - Les pays andins dans l'espace transnational de la cocaïne (d'après Deler - GU Reclus)
Document 5 - Les poids économique des États-Unis en Amérique : anamorphose géométrique des PIB + PIB / hab.

1 - Présenter les documents
2 - Sélectionner, classer, confronter et regrouper par thèmes les informations utiles au traitement du sujet
3 - Rédiger de façon synthétique (300 mots) une réponse à la problématique définie par le sujet.

Éléments de corrigé

1 - Quelques unes des difficultés ou maladresses identifiées
- Problématisation du sujet trop approximative : oubli des liens de dépendance réciproques (approche trop univoque de la question) ; dérives vers un sujet du type "la place des États-Unis dans le continent américain", ce qui n'est pas tout à fait la même chose. .
- Difficultés d'expression : comment s'exprimer autour de la notion de dépendance ? Voir les conditions d'emploi de : à l'égard de, vis à vis de, etc.

- Quelques remarques sur les contenus : Peut-on considérer les flux de stupéfiants comme des flux commerciaux ordinaires ? Ne pas surestimer l'effet de l'Alena : les maquiladoras préexistaient à la signature de l'accord ... mais c'est un fait qu'il les a fortement stimulés. 
- Des notions attendues et parfois sous-exploitées : interfaces, flux, contrastes spatiaux, espaces transfrontaliers, doctrine Monroe, partenaires, libre-échange, etc ... 
- Des informations sous-exploitées : par exemple, l'ouverture d'un centre de recherche de G.M. à Ciudad Juarez. Et inversement, des sur-interprétations des documents : éviter de leur faire dire ce qu'ils ne disent pas. 
- Encore et toujours, des confusions entre les trois phases du devoir : il faut se défendre de tout dire dans la présentation ... que reste-t-il alors pour l'analyse et la synthèse ? D'où, parfois, la tendance générale de nombreuses synthèses : trop brèves, souvent moins de 250 mots. 


2 - Des plans d'analyse thématique possible

A éviter, par exemple :
1) dépendances économiques / dépendances commerciales 2) implantations de firmes américaines sur l'ensemble du continent / poids des États-Unis dans les échanges / surdimensionnement des États-Unis   

Possibles :
1) dépendances économiques / dépendances politiques (avec un risque de déséquilibre entre les deux thèmes) 2)  Un continent sous la dépendance de l'oncle Sam / Les dépendances des États-Unis vis à vis du reste du continent 3) La présence des États-Unis dynamise l'ensemble du continent / Mais les États-Unis ont aussi la main-mise politique et économique sur le continent. 

3 - Synthèses (d'après copies d'élèves)

"La présence des États-Unis comporte indéniablement des atouts pour le développement des autres pays d'Amérique. Ainsi, les zones de libre-échange, les investissements des États-Unis sur le continent dynamisent les économies locales. De même le développement de la zone frontalière américano-mexicaine donne une chance au Mexique de devenir une zone de production importante. En outre, ces maquiladoras ou "agromaquila" (plantations mexicaines fonctionnant grâce à des capitaux états-uniens) permettent un développement démographique et social sans précédent. 
Cependant, si le développement des États-Unis fonctionne désormais sur ces dépendances, il semble évident que la "superpuissance" va être tentée de plus en plus d'avoir la "main-mise" sur ces régions et ce, tant au niveau politique qu'économique. Ainsi, la présence de bases américaines intervenant lors de conflits (notamment à Cuba, au Nicaragua, etc..) semble-t-elle inévitable. En outre, si l'économie informelle comme la production de cocaïne s'est autant développée en Amérique latine, c'est aussi en partie lié à la présence des États-Unis puisqu'ils sont les premiers consommateurs de ce marché. 
Enfin, on peut penser que leur poids écrasant (leur PIB est supérieur au PIB cumulé des autres pays d'Amérique) atrophie les autres pays et les empêchent de cette manière de se développer. Mais l'assouplissement des rapports intercontinentaux n'est peut-être pas à l'avantage des États-Unis."
Katell L. 

"Depuis très longtemps, le continent américain est "chasse gardée" des États-Unis. 
Ils ont une réelle emprise sur ce continent. D'abord parce que leur PIB est supérieur à la somme cumulée de celui des autres pays du continent. Ensuite parce que les États-Unis investissent largement à l'extérieur. Leurs firmes ont par exemple investit 73 milliards de $ au Canada, 29 au Brésil. Ainsi, les entreprises américaines, attirées par les faibles coûts salariaux d'Amérique latine, délocalisent et donc créent des emplois à l'extérieur. Sur un plan plus occulte, le continent sud-américain est dépendant des banques américaines pour recycler les
narcodollars et du marché américain qui est le plus important du monde pour la cocaïne. . Mais, beaucoup plus durement, les États-Unis font la loi dans les Caraïbes avec notamment leur base de Cuba et leurs interventions à Haïti ou au Nicaragua (ils sont intervenus six fois sur le continent depuis 1945). 
D'un autre côté et sur d'autres aspects, on peut dire que les E.U. dépendent également du reste du continent. En effet, l'immigration est une des bases de leur croissance et chaque année, plusieurs centaines de milliers d'hispaniques émigrent aux États-Unis. Et c'est avec leurs pays d'origine que l'"oncle Sam" commerce le plus. Ils profitent notamment des faibles charges salariales pour délocaliser leurs entreprises. Et c'est cette production qu'ils importent ensuite. 
De fait,  la plupart du temps il s'agit de dépendances réciproques dont les twin-cities sont un bon exemple. En effet, de nombreux américains vont travailler au Mexique parce que leurs entreprises s'y sont délocalisées. Et les pays du continent américain ont envisagé de créer une vaste zone de libre-échange pour réduire les frais de douane. 
Il est donc clair qu'il existe, entre les États-Unis et le reste du continent, de fortes relations économiques, politiques et démographiques dont découlent de multiples dépendances."  (300 mots)
Hervé C.

5 - Prolongations

- Exploitation et réinvestissement de ce devoir dans la perspective d'une composition sur un sujet semblable ou proche.


wpeC.gif (1062 octets)

Dernière mise à jour : 14 janvier 2001

Page conçue et réalisée par S. Tabarly, professeur d'Histoire-Géographie à Rennes http://perso.wanadoo.fr/stabarly/   -  mail : prof.hg@caramail.com