wpeC.gif (1062 octets)

Commentaire d’un document - La charte de l’Atlantique – 14 août 1941

Bordas, doc. 2, p. 16 - Corrigé d’après une compilation adaptée et complétée de travaux d’élèves.

Questions :
1 – Présenter le document en précisant ce qu’est une charte.
2 – Rappeler le rôle et la situation des deux signataires et des Etats qu’ils représentent en août 41
3 – Sur quels principes essentiels s’accordent-ils ? Quels sont les articles qui y font référence ?
4 – Sur quelles perspectives concrètes cette Charte débouchera-t-elle ?

1 – Ce document fut signé à bord d’un navire en plein Atlantique par le Président des Etats Unis, F.D. Roosevelt et le Premier ministre britannique, W. Churchill. Il a pour but de formaliser le rapprochement diplomatique entre leurs deux pays en adoptant un certain nombre de principes (huit) destinés à guider leur action commune dans un contexte de généralisation de la guerre mondiale (plan Barbarossa, Afrique du Nord).

2 – Les deux hommes dirigent le pouvoir exécutif de leur pays.

W. Churchill, Premier ministre (conservateur) britannique depuis mai 1940 est déterminé à poursuivre le combat et il incarne la résistance britannique contre le nazisme. De la défaite française jusqu’à la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique (juin 41), les britanniques furent seuls contre les forces de l’Axe et ont pu résister au " Blitz " pendant la bataille d’Angleterre.

F.D. Roosevelt est le Président démocrate des Etats-Unis depuis 1933. Bien que l’opinion publique américaine soit encore largement isolationniste, il pousse à l’engagement progressif de son pays dans le combat contre les puissances de l’Axe. Il a obtenu que le Congrès adopte la loi prêt-bail en avril 1941 pour venir en aide, matériellement, à la Grande Bretagne puis à l’URSS. Mais les Etats Unis attendront l’attaque de Pearl Harbor pour entrer totalement dans le combat.

3 – Les principes énoncés dans la Charte rappellent assez largement ceux du wilsonisme de 1918 (les " 14 points ").

- Ils réaffirment le " droit des peuples à disposer d’eux-mêmes " (point 3), leur droit à la souveraineté et à " choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre ". On notera cependant la contradiction dans laquelle se trouvent tout particulièrement les britanniques, du fait de leur vaste empire colonial, sur ce sujet

- Ils rappellent l'attachement aux principes du libéralisme économique, du libre-échangisme (points 4, 7) et la conviction que   prospérité et  développement économiques sont les meilleures garanties de paix. Ils sous-entendent ainsi que la " tyrannie nazie " est le produit " de la crainte et du besoin " (point 6).

- Aussi, pour ne pas reproduire les erreurs du passé (le " diktat " de Versailles et ses conséquences pour l’Allemagne après 1919), ils s’engagent à favoriser le développement des " vainqueurs et des vaincus " (point 4) à l’issue de la guerre.

- Enfin, malgré l’échec de la SDN, les signataires de la Charte restent convaincus qu’un " système plus vaste et permanent de sécurité générale " garantira la paix et permettra même le désarmenent (point 8)

4 – Ce rapprochement diplomatique préfigure la " Grande Alliance " contre le nazisme. C’est un pas de plus dans l’engagement progressif des Etats-Unis qui contribuera très largement à la victoire finale des alliés.

La Charte anticipe la nouvelle organisation mondiale qui sera alors adoptée : relance de l’économie mondiale de tous les Etats, vainqueurs ou vaincus, qui adopteront le libéralisme économique ; adoption d’un système de sécurité collective, l’ONU, dont la Charte sera signée par 51 pays en juin 1945 à San Francisco. Par contre, la généralisation de la démocratie et de la prospérité économique, la diminution des armements trouveront leurs limites dès les débuts de la guerre froide.

wpeC.gif (1062 octets)

Octobre 1998